vendredi, mars 24, 2006

[PHILO] Complément sur la démocratie [égalité/liberté]

Réflexion sur la démocratie : Jacques Rancière
[relation avec l’introduction générale sur la question de la démocratie]

Les brèves analyses que je donne sont en rapport avec le chapitre « Les usages de la démocratie » extrait de Aux bords du politique de Jacques Rancière. Ces analyses viennent compléter le cours sur la démocratie que nous fait en introduction au Traité politique e Spinoza. Ici vous ne pouvez lire que el début de cette anlyse, télécharger (dans les PDF) le poly 1 de politique pour lire la suite si cela vous intéresse.

Ce que Rancière montre c’est l’aporie qui se tient dans la notion de démocratie :
« La figure empirique de l’homme démocratique semble contredire l’idée pleine de la communauté démocratique. Cette vision s’exprime par exemple dans le livre de Macpherson, The life and Times of Liberal Democracy. La démocratie libérale y apparaît comme la conjonction un peu contre nature entre l’essence communautaire de la démocratie et le calcul individuel des coûts et des profits dans l’univers libéral de la main invisible qui ajuste les intérêts. En soi démocratie et individualisme iraient dans des sens opposés. Et dans le contexte désabusé actuel, nous aurions guère que le choix entre deux positions : ou bien il faudrait, tout en prenant acte de la démocratie libérale, re-collectiviser le sens de la démocratie. Ou bien il faudrait dire franchement que ce que nous appelons démocratie n’est rien d’autre que le libéralisme, que tous les rêves de cités heureuses n’ont jamais été que des rêves, le mensonge à soi-même d’une société de petits et de grands capitalistes, finalement complices dans l’avènement du règle des individus ».
Ce premier extrait est l’énonciation de l’aporie de la démocratie. Cette énonciation aporétique, nous pouvons en trouver des traces chez Tocqueville dans le second tome De La démocratie en Amérique, même s’il la résout en posant que les hommes démocratiques préfèrent l’égalité à la liberté. D’un côté la revendication d’une absolue liberté fondée sur l’intérêt privé et de l’autre la logique d’une égalité pouvant permettre aux individus de se considérer comme des égaux au sein de la société. D’un côté l’égalité de la différence (la liberté) pouvant conduire à l’inégalité sociale et à la destabilisation sociale, de l’autre l’égalité de droit assurée législativement, devant empêcher les différences et l'opposition.
De la démocratie en Amérique, Tocqueville
« L’amour que les hommes ont pour la liberté et celui qu’ils ressentent pour l’égalité sont, en effet, deux choses distinctes, et je ne crains pas d’ajouter que, chez les peuples démocratiques, ce sont deux choses inégales. […] »

La suite qui se trouve dans le poly montrera l'analyse précise de cette aporie et comment Rancière en arrive à la résoudre.