mercredi, mars 22, 2006

[SES] Conflits sociaux et mobilisation sociale

Exemples de conflits et de mouvements sociaux ?
- 1848, 1936, 1968, grèves de 1995,
- aujourd’hui mouvement des étudiants et des lycéens…
- mouvements des profs, des chercheurs, des ouvriers de chez Moulinex, des « sans-papiers », des « sans », des chasseurs, des médecins…

Y a-t-il des points communs entre ces actions collectives ?

Quatre critères pour amorcer une définition du « mouvement social » :
(1) ils reposent sur une action en commun, concertée et coordonnée,
(2) ils mettent en avant des revendications ou la défense d’une cause,
(3) des revendications sont adressées à un adversaire bien identifié dans une logique de conflit : on agit « contre », ce qui est différent d’agir ensemble pour résoudre un problème.
(4) La prise de parole que matérialise le mouvement social s’oppose aux formes organisées et officielles d’expression : le vote par exemple dont la légalité lui donne une légitimité que les détracteurs des mouvements sociaux oppose à l'illégalité - des piquets de grève par exemple, élevés par des minorités illégitimes - des gauchistes manipulateurs par exemple).

Pour autant, la protestation a aussi ses règles, ses constantes !
C. Tilly, un historien américain, parle de « répertoires d’actions collectives » = des gammes de façons particulières d’exprimer la protestation qui varient selon les époques et les pays.
- Il suggère aussi que, comme des chansons, ces répertoires peuvent être « interprétés ». Exemple = une manifestation : soit un défilé quasi-militaire (le FN qui manifeste), soit une manifestation très colorée avec fanfares et déguisements (les lycéens qui manifestent contre le CPE).
- Il montre bien aussi que les répertoires sont un enjeu de lutte avec l’autorité qui cherche à les encadrer par la loi. Exemple : les lois Sarkozy 2003 dont une partie vise les squatteurs, la mise en cause des symboles nationaux (le drapeau, la Marseillaise).

DONC : les mouvements sociaux sont des actions concertées en faveur d’intérêts ou de valeurs, où le groupe mobilisé exprime son conflit avec un adversaire en puisant dans un répertoire protestataire d’action collective.


Comprendre ces conflits est souvent difficile pour plusieurs raisons :

- On les simplifie à l’excès par une lecture trop politique : gêner le gouvernement + manipulation n’est jamais loin… (Les lycéens seraient manipulés par une petite frange de gauchistes).
- L’émotion paralyse l’analyse : peur, colère / sympathie au contraire. Exemple : grèves des transports publics (la RATP, la SNCF…).
- Les médias en parlent de manière peu éclairante : priorité aux images chocs, temps court de l’information, personnes mobilisées peu à l’aise devant la caméra. (Les lycéens identifiés aux casseurs ; les images de l’évacuation de la Sorbonne samedi dernier).

SURTOUT : l’évolution de la structure sociale – la moyennisation – fait que l’explication marxiste du conflit social par l’antagonisme entre classe ouvrière et classe bourgeoise a vécu !

Comment comprendre les conflits sociaux dès lors ?

Les fichiers PDF mis en ligne ci-contre permettent de répondre à cette question !!!